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L’interdiction volontaire de jeux en France : la démarche

CE QU’IL FAUT RETENIR

L’interdiction volontaire de jeux en France constitue un dispositif officiel de protection personnelle encadré par l’Autorité Nationale des Jeux (ANJ), garantissant un blocage strict de l’accès aux établissements physiques et aux sites de jeux enregistrés pour une période minimale de 3 ans.

  • 3 ans minimum : la durée légale incompressible pendant laquelle l’interdiction ne peut pas être annulée.
  • 3 secteurs d’accès bloqués : les casinos physiques ou clubs de jeux, les sites agréés par l’ANJ (paris sportifs, hippiques, poker) et les jeux FDJ/PMU avec compte joueur.
  • 2 voies de demande : une procédure en ligne sécurisée avec vérification d’identité dynamique ou une demande écrite par courrier postal recommandé.
  • Renouvellement tacite : à l’issue des 3 ans, la mesure reste en vigueur tant qu’aucune demande explicite de levée n’est soumise à l’ANJ.

Qu’est-ce que l’interdiction volontaire de jeux en France ?

L’interdiction volontaire de jeux en France est une mesure de prévention administrative destinée aux personnes souhaitant se préserver contre les risques liés à l’addiction et aux pertes financières. Ce dispositif est intégralement géré par l’Autorité Nationale des Jeux (ANJ), l’autorité administrative indépendante qui régule le secteur des jeux d’argent.

En souscrivant à cette démarche, le demandeur est inscrit sur le fichier national des interdits de jeux. Ce fichier confidentiel est transmis par l’ANJ aux exploitants de casinos, aux cercles de jeux et aux opérateurs agréés en ligne pour restreindre l’accès à leurs prestations.

Il convient de rappeler que tout jeu d’argent comporte un avantage mathématique en faveur de l’opérateur, appelé la marge de la maison ou le taux de retour au joueur (TRJ). Les résultats reposent exclusivement sur le hasard, et aucun système de mise ne permet de contourner cette réalité mathématique.

Qui est concerné par l’interdiction de jeux ?

Toute personne majeure qui ressent le besoin de limiter son accès aux offres de jeu peut solliciter cette mesure auprès des autorités. Selon les données publiées par le portail officiel Service-Public.fr, la démarche est strictement personnelle et ne peut pas être entamée par un membre de la famille ou un tiers, sauf dans des cadres juridiques spécifiques.

  • Les joueurs majeurs : toute personne de plus de 18 ans résidant en France ou utilisant des comptes de jeux sur des sites agréés.
  • Les personnes sous mesure de protection juridique : un tuteur ou un représentant légal peut effectuer la demande au nom du joueur en joignant la décision du juge des tutelles.
  • Les personnes en situation de dépendance : les joueurs constatant un comportement compulsif ou des difficultés financières liées au jeu d’argent.

Les mineurs ne sont pas éligibles à cette démarche administrative car la législation française leur interdit déjà l’accès à l’ensemble des jeux d’argent et de hasard.

Comment faire une demande d’interdiction volontaire auprès de l’ANJ ?

L’ANJ met à disposition deux procédures distinctes et entièrement confidentielles pour concrétiser une demande de mesure de protection.

Démarche en ligne et vérification d’identité

La méthode la plus rapide s’effectue directement sur le portail web dédié de l’ANJ. Le demandeur remplit un formulaire sécurisé et fournit une pièce d’identité en cours de validité (carte nationale d’identité, passeport ou titre de séjour).

Pour garantir la sécurité du processus et éviter les tentatives d’usurpation d’identité, la plateforme utilise un système de vérification d’identité automatisé incluant un selfie dynamique. L’article 226-4-1 du Code pénal punit l’usurpation d’identité d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Une fois l’identité vérifiée, la demande est validée sous quelques jours ouvrés.

Procédure par courrier postal

Les personnes préférant la voie postale peuvent télécharger le formulaire officiel sur le site de l’ANJ ou rédiger une demande sur papier libre. Le dossier doit être complété, signé et accompagné de la photocopie d’une pièce d’identité officielle.

À la réception du dossier, l’ANJ adresse un courrier recommandé avec accusé de réception au demandeur. L’inscription sur le fichier national des interdits de jeux prend effet dès que l’ANJ reçoit l’avis attestant de la bonne réception du pli par l’intéressé.

Quelles sont les conséquences de l’interdiction ?

L’inscription sur le fichier national produit des effets juridiques et pratiques immédiats auprès de l’ensemble des acteurs agréés du marché des jeux.

  • Accès aux casinos et clubs de jeux : l’entrée dans les salles de jeux physiques est refusée grâce au contrôle d’identité obligatoire effectué à l’entrée.
  • Compte de jeu en ligne agréé ANJ : impossibilité de créer ou d’utiliser un compte pour les paris sportifs, les paris hippiques et le poker en ligne.
  • Services FDJ et PMU : blocage de l’accès aux espaces de jeu numériques de la FDJ et du PMU nécessitant un compte joueur.
  • Conséquences professionnelles : interdiction d’exercer un emploi au sein d’un casino ou d’un club de jeux, entraînant le retrait immédiat de l’agrément professionnel requis.

Il est indispensable de préciser le cadre réglementaire français : l’ANJ délivre des agréments pour les paris sportifs, les paris hippiques et le poker en ligne. Les jeux de casino en ligne pratiqués avec de l’argent réel ne sont pas autorisés par la loi française. Les sites étrangers non agréés ne contrôlent pas le fichier des interdits de jeux de l’ANJ, ce qui expose les joueurs à des risques importants en matière de protection des données et de remboursement des gains.

Combien de temps dure l’interdiction et comment la lever ?

Le cadre réglementaire définit clairement la durée d’application de la mesure ainsi que les conditions requises pour y mettre fin.

  • Période minimale fixe : l’interdiction est prononcée pour une durée minimale stricte de 3 ans. Aucune annulation ou demande de rétractation ne peut être acceptée durant cette période.
  • Maintien automatique : au terme des 3 ans, l’interdiction ne prend pas fin automatiquement. Elle demeure active tant que le joueur ne manifeste pas la volonté d’y mettre un terme.
  • Procédure de levée : pour lever la mesure après l’échéance des 3 ans, l’intéressé doit effectuer une demande explicite auprès de l’ANJ, par courrier postal ou via la plateforme en ligne.

L’ANJ vérifie la demande de levée et procède au retrait du nom du fichier national, redonnant ainsi l’accès aux établissements et sites de jeux agréés.

Interdiction volontaire auprès de l’ANJ vs auto-exclusion temporaire

Il existe deux niveaux de protection distincts pour les joueurs souhaitant faire une pause dans leur pratique de jeu. Le tableau suivant détaille les caractéristiques de chaque option.

Critère Interdiction volontaire (ANJ) Auto-exclusion temporaire
Durée 3 ans minimum obligatoire 24 heures à 12 mois selon l’opérateur
Périmètre National (tous casinos et sites ANJ) Limité à un seul site ou casino
Organisme responsable Autorité Nationale des Jeux (ANJ) L’opérateur de jeu directement
Procédure de levée Demande explicite après 3 ans Automatique à la fin de la période choisie

L’auto-exclusion temporaire convient aux joueurs recherchant une coupure ponctuelle, tandis que l’interdiction volontaire constitue un engagement de long terme encadré par l’État.

Organismes d’aide et accompagnement pour les joueurs

L’interdiction de jeux est un outil administratif efficace, mais elle gagne à être accompagnée d’un suivi psychologique ou social pour traiter les causes sous-jacentes du jeu excessif.

  • Joueurs Info Service : service d’écoute et d’orientation joignable au 09 74 75 13 13 (appel non surtaxé, 7j/7 de 8h à 2h) offrant un accompagnement anonyme et gratuit.
  • Evalujeu : service en ligne développé avec le concours de l’ANJ permettant d’évaluer de manière anonyme son niveau de pratique et de risque.
  • Centres de Soin, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA) : consultations médicales et psychologiques gratuites réparties sur l’ensemble du territoire français.